mercredi 13 août 2008

Inquiétude & Certitudes - mercredi 13 août 2008


Mercredi 13 Août 2008

La pétition de légitimité des putschistes mauritaniens

Le chef d'un Etat particulier, le Dalaï-Lama en France - souveraineté du Tibet comme du Vatican

Les Français aux J.O.
Nicolas Sarkozy, dopé ?

Géorgie et diplomatie à la française d'aujourd'hui



Prier… [1] tableau complexe du genre « apocalyptique », si propice à des images de « science-fiction ». J’en retiens l’insistance sur la gloire du Dieu d’Israël qui semble « matéralisée », s’élève, se déplace, quitte le seuil du Temple. Deux catégories de gens dans cette ville que caractérise le Temple : ceux qui gémissent et qui pleurent sur toutes les abominations qu’on y commet et qu’un mystérieux homme vêtu de lin qui portait à la ceinture une écritoire de scribe… marque d’une croix au front (la sortie d’Egypte, l’Apocalypse de Jean), et les autres qui sont exterminés (terme le plus fort pour la Bible) sans un regard de pitié. Consigne pour les intégristes et zélateurs de toute génération et de toute civilisation. Que d’arguments de texte, on peut avoir en tous sens… si l’on en demeure là, crispés de cœur et d’intelligence. Discernement plus avancés pour les quatreVivants se révélant être des Kéroubims, généralement postés autour de l’autel dans le Temple : chacun allait droit devant lui. Frappé quand il m’a été donné il y a maintenant une dizaine d’années de lire une première fois d’affilée toute la Bible, par la minutie et la splendeur des descriptions de lieux et d’objets de liturgie. Tout cela ayant manifestement un sens, mais pas évident. Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? Lui il siège là-haut, mais il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre. Le Christ, au contraire de ce dont est témoin le prophète Ezéchiel dans l’Ancien Testament, fait parlementer avec le pécheur. Mais le décisif n’est pas là, il est dans la mission de l’Eglise perpétuant le pardon, et dans la prière ensemble. Les textes ont cependant, aujourd’hui, un lien entre eux : la solidarité des humains dans le péché, la prière, les catastrophes et la rédemption. Ainsi soit-il ! tandis que nous roulons, cet été encore plus que d’autres, vers l’inconnu. Mais nos courses quand leur aboutissement est malheureux, nous mettent soudain tellement nus, tellement à terre que le visage de Dieu est à notre portée, devenu unque recours et summum de l’existence. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. Ce que confirment, à la lettre, les premières apparitions du Christ aux Apôtres, dès le soir de la Résurrection.

Je lis l’entretien du chef des putschistes mauritaniens accordé à Jeune Afrique (n° 2483-2484, pp. 14.15). Interdire et diperser avec une certaine brutalité une manifestation ? c’est l’Etat de droit et la démocratie. Arrêter le chef de l’Etat, régulièrement élu et avec le soutien de ces futurs pustchistes ? c’est protéger l’Etat de droit. « Le problème, ce n’est pas le choix des hommes, c’est la personne qui les dirige. Si une vision claire prévaut à la tête de l’Etat, alors, les choses fonctionnent ». Le consensus, la consultation ? sont hors champ. Ce qui évidemment n’est pas très lisible pour l’étranger quand celui-ci se pique de démocratie, ou la pratique, et ce qui n’est pas non plus conforme à la pratique millénaire de l’Islam et du monde arabe : la choura, la décision par assemblée consensuelle.

Le Dalaï-Lama en France… plus que la dignité, le grand art. Il n’a pas demandé audience à l’Elysée, la coincidence avec les J.O. rendant, selon lui, la démarche inopportune. Une invitation, en troupe de prix Nobel de la paix, imaginée à l’Elysée pour Septembre, ne marche pas non plus : des engagements antérieurs. Logiquement, pas davantage possible la photo. en pied pour la couverture de Paris Match du souverain tibétain accueillant Carla Bruni-Sarkozy en un lieu spirituel qu’il doit inaugurer. – Nantes, pas loin de chez nous, ma femme, notre fille et moi allons tenter de participer à une des réunions qu’il y anime. Sur le fond, celui que – dans mon enfance, ce devait être son prédécesseur – on présentait comme un authentique chef d’Etat, si particulier que soit cet Etat, a confirmé la situation de son pays au Palais du Luxembourg, devant une quarantaine de nos parlementaires (une quarantaine seulement… et apparemment sans les présidents de nos assemblées – le commandant Massoud, le « faucon afghan » dont la mort violente présagea le 11-Septembre… ne fut reçu en France qu’au Parlement européen, à Strsabourg, à l’initiative lucide de Nicole Fontaine – nous sommes experts en réédition). La répression n’a pas cessé depuis Mars et ne cessera pas. La sinisation totale est le but de la politique chinoise. Un million de nouveaux arrivants programmés.

Les Jeux olympiques : une première médaille d’or, c’est laborieux. Nos champions en judo. tellement affaiblis par leurs régimes pour se maintenir dans une catégorie de poids en réalité très inférieure au leur quotidiennement. Laure Manaudou, charmante à sa sortie de bassin il y a quelques années, inconnue totalement, aujourd’hui mannequin de Pinault et millionnaire, avec une biographie amoureuse surchargée, perd pied, gâchée par la « peopolisation » : le sport après la politique, en sus de la pollution par l’argent, l’avilissement par la poudre aux yeux entre quelques-uns dont aucun ne vieillit bien. Or, elle avait commencé si tôt. Les perfections de silhouettes des nageurs et des joueurs de tennis jusqu’aux années 1960. Aujourd’hui, des épaules à arriver des réserves de safari d’Afrique orientale et ces techniques de psychologie sportive : l’envie, la haine, le désir donnant des faciès aux instants de la victoire à faire peur. Touchant en revanche, et le vocabulaire en conférence de presse s’en ressent aussitôt, ces deux champions en lutte gréco-romaine, des frères inséparables. L’Améicain – « meilleur nageur de tous les temps » – dont on s’apercevra dans quelques années qu’il était dopé, mais à quelque chose de « nouveau » qu’il avait les moyens de se payer. Bien entendu, les Chinois particulièrement performants.

Dopage… coincidence, ma kiné. me dit qu’elle est quasi-sûre que Sarkozy est dopé, que cela se voit à son regard. Un professeur d’éducation physique à la retraite, fréquent consultant chez un rhumatologue renommé, sans que je l’ai questionné là-dessus, me dit la même chose spontanément. Le contraire serait étonnant, un tel rythme… physique. Car intellectuellement, le vocabulaire « officiel » de plus en plus parlé et improvisé, les négations, les liaisons disparaissent. Le président de la République et le ministre des Affaires étrangères, tous deux parlant des mains, modelant et pétrissant une matière qu’il leur serait impossible de saisir. Pas de photos. d’eux en train d’écoûter… En regard, une photo de Juin 1966 qui m’est précieuse, de Gaulle accueilli au Kremlin, assis sur un canapé et la troïka l’entourant, Podgorny, Kossyguine et Breknev rivalisant pour la prise de parole, l’homme du 18 Juin exceptionnellement détendu, familier de visage et de pose, le bras sur le dos du canapé, les autres en position d’enseignant. Depuis Jacquies Chirac, au contraire, nous sommes les enseignants de posture, c’est-à-dire les demandeurs au fond, snas véritable compréhension du sujet censément traité.

Diplomatie de la présidence semestrielle française de l’Union européenne… le cessez-le-feu soi-disant convenu hier n’est pas observé, comme il fallait s’y attendre. Le texte signé par les Russes et les Géorgiens (le « plan français ») ne fait pas état de l’intégrité territoriale géorgienne mais seulement de la souveraineté de Tbilissi. Les ministres des Affaires étrangères des 27 – aujourd’hui, réunis à Bruxelles, comment avaient-ils été consultés auparavant et avaient-ils définis le mandat de Bernard Kouchner, se déplaçant curieusement sans Javier Solana, censément le haut-représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune ? – ces ministres s’accordent sur un texte différent. La mention de l’intégrité territoriale de la Géorgie est exigée par les Baltes et les Polonais. L’Ukraine entrave les mouvements de la flotte russe dans la Mer Noire. Condoleeza Rice fait étape à Paris – c’est le moins – en vol pour le Caucase demain. Défausse américaine que l’accueil dans l’Alliance atlantique, à quelques mois près, eût rendu impossible. Le casus belli entre la Russie et la Géorgie n’est pas, à mon sens, le contrôle physique des oléoducs débitant la Caspienne et l’Asie centrale vers l’Europe, mais l’extension en Mer Noire de l’O.T.A.N. La Russie jusqu’en 1991 était maîtresse de cette mer, même si elle n’avait toujours pas réglé la question historique du passage des Détroits, détenu par la Turquie autant aussi à elle la rive sud. Si l’Ukraine et la Géorgie deviennent « atlantiques », la Russie sera minoritaire. Elle ne l’a pas accepté économiquement en Mer Caspienne, elle ne l’acceptera pas stratégiquement en Mer Noire. Alors qu’un bouclier anti-missile lui est imposé depuis le territoire de deux de ses anciens satellites.

Le plus fort recul boursier en France de toute notre histoire économique et financière pour un semestre : le premier de 2008. La Grande-Bretagne admet la récession et la montée du chômage.



[1] - Ezéchiel IX 1 à 22 passim ; psaume CXIII ; évangile selon saint Matthieu XVIII 15 à 20

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