jeudi 20 novembre 2008

Inquiétude & Certitudes - jeudi 20 novembre 2008


Jeudi 20 Novembre 2008

Prier…[1] les soucis et pensées en gerbe, les aimées plus encore, tous ceux qui marchent, il y en a… si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Dieu pleure, comme pleurent père ou mère devant le désastre ou l’inconséquence d’un enfant allant à sa perte. La paix, l’union avec soi-même et avec tous, l’accord… la musique en a le registre, l’arc-en-ciel en donne la bonne image, le baiser juste et prolongé aussi, les regards échangés, intériorité et monde entier : le moment où Dieu te visitait… et moi, je pleurais beaucoup parce que personne n’avait été trouvé digne… Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire… Les prophéties en tous sens du temps disant que notre salut n’est pas une dialectique ou un quelconque mouvement d’une logique inexplicable mais souhaitable, qu’il a au contraire tenu à un moment de notre histoire, celle de la création, et celle de notre vie personnelle, et que ce fut l’intervention et la geste d’un de nos semblables. A dire cela, on s’étonne. A le recevoir et à en déduire le reste, on communie simplement. On peut aussi puiser dans cet amas immense de symboles, le livre aux sept sceaux, le film d’Ingmar Bergman, ou voir ces images, un homme pleure sur une ville dont il sait la destruction à brève échéance. Au choix. Je choisis la prière pour aujourd’hui. Voilà qu’il a remporté la victoire… Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l’éclat de la victoire.


17 heures 15 – La nouvelle « tombe », Simone Veil est élue à l’Académie française. Aussitôt est lu le télégramme de félicitations du Président de la République, le courage, la femme d’Etat. Les commentaires disent l’unanimité de l’admiration. Deux phrases de la nouvelle immortelle, mais en enregistrement ancien, sur les camps, la survie, etc… l’évocation de la dépénalisation de l’avortement, quelques phrases de l’époque, elle a quarante et un ans et entre en politique.

Ma correspondance avec elle… dès que j’ai appris sa candidature. - page spéciale


23 heures 08 + Wall street au plus bas depuis cinq ans. Raison ? l’industrie automobile, ses trois géants, en faillite, et le retard du gouvernement à intervenir. En réalité, les difficultés de l’industrie automobile américaine ne sont ni de la semaine, ni de cet automne. Naguère, le test de santé était le bâtiment, du moins en Europe, c’est devenu apparemment celui valable aux Etats-Unis, rétrospectivement puisque l’on n’a pris garde à la baisse de la propension à construire que quand la « crise des subprimes » a fait analyser l’ensemble du secteur immobilier. L’Europe a aussi sa crise automobile, l’avoir vu venir comme Renault, depuis avant l’été, ne sert strictement à rien, la multiplication des jours et des semaines de chômage technique, la prévision d’une chute des ventes de plus de 30% en Europe sont un enchaînement dont on ne discerne plus qu’il est plus la conséquence de la récession, et principalement de la baisse du pouvoir d’achat, que sa cause. Or, cette baisse fut dénoncée par les syndicats – au moins en France – dès les mouvements suscités en Octobre-Novembre 2007 par la réforme des retraites. La réponse du gouvernement – sous la dictée improvisée de Nicolas Sarkozy censé faire le bilan des grèves d’alors – avait été une démonstration technique que de moindres dépenses seraient une progression du pouvoir d’achat d’autant que la loi Châtel sur la libéralisation des implantations de grandes surfaces commerciales pour l’agro-alimentaire quotidien, était censée faire baisser les prix à la consommation. Donc, refus d’augmenter les salaires, et pas de « coup de pouce » au S M I G, au-delà des prescriptions légales. Le résultat est aujourd’hui. Le discours à Sandouville devant les journalistes tandis que les ouvriers étaient à distance pour ne pouvoir se faire entendre, est un modèle de texte sans portée sur le sujet soi-disant traité ce jour-là : des facilités d’apprentissage à des personnels de trente ans d’expérience pour fabriquer un nouveau modèle dans trois ans, et c’était avant « la crise », c’est-à-dire avant l’été…

La supériorité des Etats-Unis est la clarté, voire le cynisme de leur débat. Chez nous, le cynisme est soliloque, là-bas il est répliqué. Le cours de l’action General Motors au plus bas depuis 70 ans, certains proposent au Congrès la faillite ce qui permettrait des reconstructions plus saines et franches. Sommes-nous capables, notamment dans le secteur bancaire, de prendre cette voie-là ? nous avons failli le faire pour le Crédit foncier ? nous avons été mal inspirés pour traiter le Crédit lyonnais. Quant à l’automobile, l’ordre des Européens est dispersé.



[1] - Apocalypse de Jean V 1 à 10 ; psaume CXLIX ; évangile selon saint Luc XIX 411 à 44

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