samedi 19 avril 2014

lettre à Monsieur François Hollande, encore président de la République





Monsieur le Président de la République,

hier soir, le souffle des nouvelles, dérisoires mais révélatrices de la désinvolture qu’inculque la position au pouvoir ou alentour, malgré tant de précédents depuis 2012 et sous vos deux prédécesseurs. La République, dans l’esprit des Français, et l’image de notre pays dans le monde, chaque fois en pâtit, que ce soit considérable, vénal ou anecdotique

L’occasion s’offre à vous une nouvelle fois de changer de cap et – grâce à nos institutions et fort du principe de légalité qui vous donne et permet à vous seul, l’initiative – de ressaisir l’opinion nationale et la maîtrise des circonstances.

En l’affaire, la gestuelle du nouveau Premier ministre à qui vous avez transféré la direction du Budget comme unique fonction, qu’imprudemment vous aviez endossée personnellement ces derniers mois, est secondaire. L’essentiel est le salut national, notre pays est en dégénérescence, n’a plus de repères ni de mémoire, a perdu ses structures économiques, son patrimoine et ses ressources humaines, si mal employées et si perverties en entreprises et en politique.

Vous êtes chef de l’Etat. Il faut restaurer celui-ci. Le dialogue social et les équilibres budgétaires, la concurrence mondiale et le maintien de notre rang en recherche d’avenir, militent pour une réinvention de la planification souple à la française. Le tonneau des Danaïdes ne peut trouver de fond que national et européen en concertant avec nos grands partenaires « occidentaux » un moratoire des dettes souveraines, et en nous finançant désormais publiquement par l’emprunt citoyen auprès des personnes physiques : Pinay, de Gaulle, les gages matériels, les avantages fiscaux. L’Europe ne peut s’imposer dans le cœur de ses citoyens et dans un monde qui régresse vers les années 50 sinon 30, que par l’élection au suffrage direct du président de l’Union, avec prérogative d’en appeler au referendum dans les matières prévues par un traité re-fondateur dont sera chargé le prochain Parlement européen, devenant constituant. Accessoirement, la campagne européenne du Parti socialiste tranchera sur toutes les autres et aura ainsi du nerf. Les municipales sont la démocratie locale et leurs résultats sont d’importance et de vérité dans leurs lieux seulement. Evidemment, ne supprimer aucun des niveaux de démocratie participative possible, dont le département hérité de notre Révolution et de l’Empereur. Il est de vie quotidienne, aussi sensible que la mairie. Les régions s’il faut bouger : contours, compétences et identité selon les vœux de leurs natifs et de leurs habitants, sans uniformité et sans contrainte des « bureaux » ou des « conseillers ».

Votre énergie va se consacrer à l’avenir, pas à la réforme et au raboutage. Votre fidélité à vos engagements de 2012 et votre respect pour ce que souffrent les Français en moral très atteint et en finances personnelles, vous inspirera, et vous fera imposer à toutes et tous autour de vous, une vie monacale, uniquement laborieuse. Les voyages à l‘étranger ne sont pas urgents. Surseoir à tout parce que consacré absolument à notre retour à nous-mêmes sera compris de tous nos partenaires et des Français. Enfin du sérieux et du contenu. Ils sont, depuis le départ de François Mitterrand et par comparaison à de Gaulle, sans rayonnement parce que trop  brefs, sans l’air libre et avec bien trop de points de presse consacrés avec nos journalistes à un hexagone dont il ne faut parler au dehors qu’en proposition de partenariat et d’exemple, mais jamais dans le détail de notre politique intérieure.

Vous écrivant ainsi, j’espère vous être utile, et je souhaite ne vous paraître ni insolent ni sans gêne. Je vous ai beaucoup encombré depuis votre investiture en Octobre 2011.

Simplement, hors tribu, hors expertise, je suis à vous, si vous en manifestez le souhait et m’indiquez la manière de l’être et de correspondre à votre élan nouveau.

En remerciant votre nouveau secrétaire général, et en gardant en mémoire l’affabilité de son prédécesseur qui vous donnait mes suggestions et expressions de soutien, je tiens à vous dire que je garde confiance en vous, plein de vœux pour le rebond. Possible, souhaité.

Et je viens avec vous, au travail, si cela vous agrée.

à Monsieur François HOLLANDE, président de la République,
aux bons soins de Monsieur Jean-Pierre JOUYET, ancien ministre
secrétaire général de la présidence de la République – Palais de l’Elysée . 55 rue du Fbg. Saint-Honoré

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