dimanche 22 octobre 2017

Parti socialiste - refondation . avant-contribution . BFF






Le 22/10/2017 à 17:18, Bertrand Fessard de Foucault a écrit : avant-contribution
destinataires - Parti Socialiste ; refondation@parti-socialiste.fr;  courriel@parti-socialiste.fr


Chers amis,

en pj ma présentation vous disant que je suis gaulliste au sens d'une adhésion continue depuis les années 1960 à l'instant de ce message à la personne, à l'oeuvre et au legs du général de Gaulle, mais aussi ma proximité avec François Mitterrand et mon vote PS depuis 1974 au deuxième tour de chaque présidentielle (blanc en 2002 et 2017).

Avant de répondre en forme de votre questionnaire et pour vos statistiques, et de vous adresser aux contacts ci-dessus, une contribution en forme mais brève, trois points simples :

1° - ne pas admettre . face aux adversaires, face aux Français et vis-à-vis de nous-mêmes . que la défaite de 2017 soit pérenne ni même durable, par conséquent maintenir absolument les deux signes d'identité les plus visibles et précisément pérennes
a) le nom à garder résolument . nous devons rester Parti socialiste : l'Europe, le monde et notre pays ont besoin d'un parti socialiste en France et qui soit propagateur, contagieux la France étant ce qu'elle est et les grandes figures du socialisme français étant ce qu'ils sont : vg. Jean Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Jacques Delors, d'autres bien sûr...  ainsi que des proches considérables : Jean Moulin, Pierre Mendès France
b) le siège . il a été celui des victoires, il est emblématique et il est symbolique d'une communion que j'ai toujours vécue personnellement des gaullistes (de pur crû, référence jusqu'au 27 avril 1969) et des socialistes, et que je crois possible aujourd'hui et demain, puisque cette référence à un legs, une pratique n'habite plus depuis 1974 et Jacques Chirac les mouvements de la droite parlementaire, même étiquettes et images ont persisté quelques années = les 5 et 10 rue Solférino à Paris

2° - lancer un appel pour ces maintiens à l'ensemble des Français et aux Européens (partis "frères") - une souscription nationale et internationale pour conserver le siège. Il y a des centaines de milliers de souscripteurs potentiels possibles et aussi des mécènes (une circulaire au CAC 40 et autres)

3° le renouveau du Parti socialiste est nécessaire à la France
a) pour la démocratie
(cf. en pj. le sommaire de mon livre récent et notamment l'entier de son chapitre II : rétablir la démocratie). La Cinquième République n'est pas à condamner, au contraire. De pratiques perverses et recels des différents présidents depuis 1995, notre Constitution a été dévoyée, mutilée, spirituellement violée),
b) pour l'alternative au cours incarné par Emmanuel Macron destructeur du bien commun, du patrimoine industriel et participant au courant niant à terme l'Etat, le service public, le facteur travail. Le salut français n'est pas dans la dénaturation du pays ni dans sa "marchandisation"
c) pour une Europe vraie (solidarité et défense, y compris nucléaire, selon l'élection d'un président de l'Union au suffrage direct de tous les citoyens européens)

Contribution plus fournie d'ici le matin du mercredi 25. Je vous suis reconnaissant d'un accusé de réception, voire de l'indication d'une adresse plus efficace.

Très chaleureusement ensemble.

dimanche 15 octobre 2017

Inquiétude & Certitudes - dimanche 15 octobre 2017

journal - le président de la République au bout de cinq mois de mandat - interrogé "sur" TF1




dimanche 15 Octobre 2017

20 heures 24 + TF1 – Emmanuel MACRON questionné par trois journalistes. Nous prenons l’émission déjà commencée. Ce que j’attends de cette émission, comprendre l’élu par défaut mais ayant conquis tous les pouvoirs, ressentir ce qu’il pense de notre pays et de notre avenir … Cela commence ou nous prenons l’entretien au point particulier du dialogue social, puis de la formation professionnelle. Utiliser le dialogue social pour être plus intelligent dans l’entreprise. La vraie inégalité, c’est l’inégalité de qualification. Il démarre sur l’éducation, la qualification, l’orientation professionnelle. .Il aime raisonner, il aime exposer et prouver. Il parle aux journalistes, pas aux Français. Il parle avec le mains et les mains en parfait symétrie.. Il cherche à montrer qu’il a compris et il impose. – Libérer, former. Ouvrir une discussion sur ce qu’est l’entreprise, un lieu ou des femmes et des hommes, les uns y mettent du capital les autres du travail. Avoir leur part de la réussite. Belle invention gaulliste, intéressement et participation. J’ai apporté des réformes pour  que les dirigeants et les cadres viennent ou restent.

Question : l’ISF – 20 heures 43 + Le président des riches ? Je n’aime pas des suppositions : les passions tristes d la France. C‘est très bon qu’il y ait un débat politique. Il ne donne pas de prise, toute son expression de lui-même en situation d’interrogé ou de démontrer est par les mains. Je ne crois pas à la jalousie entre Français.  On est dans la grande hypocrisie française. La célébration des réussites et protéger. Des comparaisons ; le premier de cordée, ne pas le frapper. Un mélange d’incollable et de démagogie. Les plus fragiles. On est dans un jeu de société, répondre aux questions, parer des balles. On est dans le détail des fiscalités et des aides.

20 heures 55 + Question : le harcèlement des femmes et filles. Consultation pour la police de sécurité du quotidien, notamment dans les transports. Le style de ces entretiens -interrogatoires donne lieu à une cautèle, à des sourires des journalistes qui ne met personne et pas EM, en valeur ni ne manifeste une véritable aise. L’art de Michel DROIT avec DG : jamais cauteleux Débat apaisée sur les lois bioéthiques Je souhaite que nous ayons vrai débat.  Je tiens à ce que nous ayons une vraie conception de la famille. Ce me semble hors sujets pour un président de la République. Ce sont des débats d’associations, de députés d’abord, de l’ensemble de la société, avant la politique. Et EM n’a pas d’expérience propre. Hostilité à la GPA pour que reste marquée la filiation.

21 heures 06 + La sécurité des Français, la sécurité de la France. Protéger :  la première mission de l’Etat. L’Etat français est un Etat fort. Des fous, des malades, des terroristes.

21 heures 10 +Question sur les Etats-Unis, opposition des jugements, le climat, l’Iran… Notre histoire nous oblige et nous emporte. Les Etats-Unis notre partenaire le plus important en sécurité. TRUMP, l’ancrer dans le multilatéral. Dialogue exigeant avec l’Iran. Alors, TRUMP suit vos conseils ? Je n’aurai pas cette prétention de le dire, c’est à lui de le dire. – Il est solide et compétent sur tous les sujets, c’est certain. Notre sécurité se joue au Proche- Orient et en Afrique.

21 heures 15 + Question : cinq ans est-ce suffisant ? La voix de la France est entendue. En cinq mois… il y aura toujours des résistances et des critiques Une action de refondation commencée pour l’Europe. Il ne m’a pas été demandé de gérer le pays, mais de retrouver le fil du destin français. De nouveau, plus juste pour être fort. Je pense au pays et à l’ambition pour notre pays. Penser comme un tacticien en pensant à mon destin ? non..
Conclusion, le temps écoulé et au-delà. Je ne sais si cette heure a été tranquille, mais honneur et bonheur. TFI enchaîne sur Bernard CLAVIER et la comédie de Patrice LECOMTE, rediffusion de 2014 : Une heure de tranquillité

21 heures 49 + Jugement globalement favorable : EM est compétent, il sait ce dont il parle en fiscalité, en ressort de l’entreprise, en résultats de nos systèmes d’aides divers. Il a de très bons réflexes sur les questions diplomatiques. Il est fiable pour la sécurité intérieure et pour notre défense. Il est sincère dans ses démonstrations, et ne cache probablement aucune arrière-pensée. Il aime manifestement passer examens et concours. Pourtant, il n’entraine pas adhésion à sa personne, il n’est pas saisissable, il ne donne pas prise à l’empathie. L’exercice reste un épisode, il ne marque pas. Sans doute, le bilan esquissé de ces cinq premiers mois tout en succès politiques, et sans évoquer ce que je considère comme des échecs majeurs : Alstom et Chantiers de l’Atlantique, se tient mais l’adhésion ne se fait pas, et plus profondément la confiance ne s’installe pas. Quoi donc manque ? je ne sais le dire ce soir.  Le certain est que je doute que la plupart des Français soient pris ou repris, c’est un très bon oral d’E.N.A. mais sans originalité ni personnalité. L’avenir du pays n’est pas dans des techniques ou des procédures : fiscalité, formation. Alors… ce n’est pas le contact. Et cela ne fait pas l’élan. Il a opté, avec une meilleure présentation que ses prédécesseurs, donc avec encore plus de force, pour une macro-économie menée par la fiscalité, la propension à investir. Il n’a pas une vue de l’économie vivante, concrète, encore moins patrimoniale. Il ne convainc évidemment pas sur la participation et l’intéressement, même s’il reconnaît l’origine de cette réflexion politique sur l’économie. Sa hantise – prophétisme ? expérience ? chiffres déjà – c’est l’émigration française et donc la perte la plus terrible pour le pays. Il n’a pas tort : là.
Evidemment, tout ne pouvait être développé dans ce genre d’exercice que je récuse, les journalistes appelant à tenir un horaire ou posant les questions qui peuvent correspondre à l’opinion. Je continue de préférer le discours seul, ou de proposer ce qui n’a jamais été fait un dialogue devant les Français entre le Président, le Premier ministre et successivement selon les sujets avec un troisième comparant : un ministre ou un syndicaliste ou, etc… La question de la collégialité ou de la monocratie…. Le « Grand Paris » et la suppression envisagée des départements de la « petite couronne ».

lundi 16
07 heures 44 + L’entretien d’hier soir : il n’est pas marquant, il est normal, sans agressivité, sans mot faisant balle, mais il donne la sensation d’une personnalité dont la force est sans véritable affectation. EM n’a pas une conscience historique du temps : éducation ? époque ? puisque le terrorisme depuis le 11-Septembre s’est banalisé malgré ses paroxysmes : Nice, le Bataclan, Palmyre, chez nous, en Allemagne, en Angleterre, en Afrique subsaharienne ou maintenant orientale. Il n’y a plus les immenses événements du rideau de fer, de la décolonisation et nous ne savons plus discerner nos grands échecs : Chine, Russie et d’autres ne jouent pas le jeu et nous n’avons pas su les incliner à le jour en économie, en démocratie, en respect des autres et pas seulement des frontières, mais des personnes. De même que nous avons éteint de langueur la foi européenne. Les outils sont tous là pour notre défense ou pour l’accueil des pauvres d’Afrique et du Proche-Orient, mais comme nous ne savons pas faire l’Europe, la faire aboutir, nous sommes désarmés et menacés de dissociation : indicateurs, l’Angleterre, la Catalogne, les choses peuvent – aussi – finalement bien tourner. EM n’est pas un homme de perspective ni de dialectique. C’est vraiment l’inspection des Finances, le compte-rendu des situations et les remèdes point par point, ce n’est pas cela qui rend un peuple à nouveau conscient de sa cohésion et de ses devoirs bien autres et au-delà que les « critères de Maastricht ». L’Europe, mais j’ai manqué le premier tiers du moment présidentiel, ne semble pas la hantise, l’habitation première. L’Allemagne n’a pas été nommée, au moins tandis que j’étais arrivé devant l’écran. Les Etats-Unis n’ont jamais eu depuis DG une telle profession d’alliance qu’hier soir, mais il faut reconnaître que s’il y a dialogue c’est pour la bonne cause. Au total, l’interrogation véritable me paraît s’énoncer ainsi : est-il perfectible avec les circonstances, avec les nouveautés ? Jusqu’à présent, sa dialectique semble être : comment vaincre, au besoin par la contrainte mentale, ce qui résiste, ceux qui résistent à mes médications ? L’ambiance de travail quotidien … la très grande pièce :une salle qui n'a pas été le bureau du Général ni de FM, où se déroule l’entretien, l’avant-plan avec une table immense et seulement fonctionnel, deux éléments de décors aux murs qui sont hideux… l’assurance totale : pas de papiers devant lui, l’agacement à certaines questions. L’examiné est examinateur, examinateur de la France. Accessoirement ? il n’a besoin de personne, et évidemment pas de mes suggestions (plan, moratoire des dettes souveraines, Europe par l’élection directe du président de l’Union) et encore moins de la mémoire (dimension qu’il ignore, puisqu’il juge le passé selon les personnes et les systèmes qu’il a battus sinon périmés, et non comme le socle, la disponibilité d’une force et d’un legs). Notation d’une faille qui ne se referme pas : l’interjection « off » à Eygleton. Ce n’est pas tant la qualification de bordel qui doit choquer et marque ce qu’il doit corriger en lui-même, c’est le fait qu’il ait ainsi fait obseerver qu’il n’aime pas être dérangé. Les autres le dérangent. Sa faiblesse sera-t-elle là ? si tout ne se passe pas comme il le veut ?
Un très bon point : l’annonce de débats (mais d’une tranquillité dont il répondra) sur deux éléments nous structurant. L’entreprise, la famille.
09 heures 30 + Les points importants de l’actualité « à l’étranger ». Après dix ans de pouvoir, à vrai dire fragile et partagé, le SPÖ (les socialistes) en Autriche cède la place à l’ÖVP (les conservateurs). L’attentat terrible de Mogadiscio : Daech ? ou les rivalités régionales ? Les Etats-Unis et Israël, en concertation et coïncidence voulues, quittent l’UNESCO : crise financière dans les semaines qui viennent pour une institution honorant notre planète, énième éloignement des accords d’Oslo et du « processus de paix ». Le système des deux Etats, critiquable en soi tant serait grand le déséquilibre entre les deux, est plus encore condamné par le fait qu’Israël n’en veut pas et que les Etats-Unis ne sont plus disposés à le lui imposer. – Chez nous, le système de nos médias, aussi usé que celui de nos partis et de nos syndicats. Les commentaires pour l’entretien d’hier soir sont sectaires. Ce n’est pas ainsi qu’on cherche à comprendre celui qui nous dirige. J’ai quant à moi considéré l’entretien intéressant parce qu’il révélait ou confirmait du président régnant, et au-dessus, bien au-dessus de la moyenne des entretiens présidentiels depuis très longtemps, depuis FM… Je le note à 15/20 et en conclut que le dialogue que je croyais jusqu’à hier impossible entre EM et moi, peut s’ouvrir surtout si l’impétrant mesure avec le temps les infidélités et les entêtements chez les siens et chez ses adversaires


jeudi 12 octobre 2017

Inquiétude & Certitudes - jeudi 12 octobre 2017

Emmanuel Macron : une stratégie de transgression ? Le Figaro.fr commenté par Emile -Sciences-Po....






Emile Magazine

Jérôme Sainte-Marie décrypte le langage macroniste

«Illettrées», « ceux qui ne sont rien », «fainéants» : Jérôme Sainte-Marie, politologue et sondeur,  a décrypté dans une interview du Figaro le langage d'Emmanuel Macron. Il y voit l'imprégnation du discours managérial chez le président de la République, symptomatique de la formation qu'il a reçue.
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Lors d'un déplacement en Corrèze, Macron a accusé plusieurs manifestants de GM&S de «foutre le bordel» au lieu de chercher des «postes». Est-ce, selon vous, un écart de langage?

Cette phrase s'inscrit dans une suite de saillies qui peuvent dessiner (et même malgré lui) une vision du monde du chef de l'Etat. A chaque fois, on entend la parole de quelqu'un qui considère que la responsabilité d'une situation socialement difficile incombe d'abord à celui qui la subit. Si l'on ne peut s'acheter un costard, c'est que l'on ne travaille pas assez pour cela, si l'on est au chômage, c'est que l'on ne fait pas suffisamment d'efforts pour chercher un travail, etc. Les problèmes sociaux sont ainsi ramenés à une causalité individuelle. Ses partisans y verront une pensée profondément libérale. Les autres dénonceront l'indigence de ces réflexions. Il y a près de quarante ans, Raymond Barre avait étonné en suggérant aux chômeurs de créer leur entreprise. À l'inverse d'Emmanuel Macron, il ne me semble pas qu'il ait ensuite, beaucoup renouvelé l'usage de ce genre de formules.

S'agit-il d'une stratégie de la transgression?

Il y a deux hypothèses explicatives, qui ne sont pas d'ailleurs exclusives l'une de l'autre. Dans le premier cas, il s'agirait simplement de l'imprégnation du discours managérial chez Emmanuel Macron, symptomatique de la formation qu'il a reçue et des milieux qu'il a ensuite fréquentés. Nous avons là l'univers mental du jeune cadre supérieur qui ne doute pas, et ne doit surtout pas douter, qu'il doit à ses seuls mérites de diriger des salariés moins doués ou moins travailleurs, dans le poste où il est placé. A l'évidence, la transposition de cette pensée managériale dans un discours présidentiel constitue une transgression par rapport à la politesse démocratique, qui postule que chaque citoyen se vaut et est égal en droits et en dignité. Voici pour la première hypothèse, mais il en est une autre. On peut imaginer une attitude délibérée de la part du chef de l'Etat, pour exacerber la tension avec les syndicats les plus revendicatifs et les opposants les plus résolus. L'idée serait, par la brutalité de son discours, de polariser davantage la société, afin de regrouper autour de lui, par réaction aux attaques qu'il suscite, tout ce que j'appelle le «bloc élitaire», c'est à dire l'élite sociale elle-même, ceux plus nombreux qui espèrent en faire partie, et la masse plus importante encore de ceux qui lui font confiance pour défendre leurs propres intérêts.
«Dans ces expressions d’Emmanuel Macron, il y a aussi du Jacques Attali, celui qui l’avait remarqué lorsqu’il dirigeait la commission éponyme.»

Cela peut-il avoir des conséquences sur sa popularité à court et à long terme?

A court terme, on a vu qu'Emmanuel Macron pouvait profiter des tensions sociales. En septembre, dans un sondage de l'IFOP, la popularité présidentielle a rebondi de cinq points, en raison d'une soudaine remontée parmi les sympathisants de droite et du centre, ainsi que, si l'on considère la même réalité d'un point de vue sociologique, d'une plus grande bienveillance des retraités et des personnes relativement aisées. Ces gains immédiats s'accompagnent cependant d'un durcissement des opinions hostiles à l'égard d'Emmanuel Macron dans ce que l'on appellera sans idée péjorative «la France d'en bas». Il convient d'insister sur le point que le chef de l'État, par ses formules à l'emporte-pièce, ne s'est pas livré à une critique ciblée de l'assistanat, ce qui lui aurait valu l'écoute et la reconnaissance de bien des personnes de condition modeste. Ses propos généraux ont une portée qui n'est pas circonscrite à des individus ou un groupe social bien définis. C'est maladroit, pour le moins.

Y-a-t-il du Sarkozy dans Macron? 

Nicolas Sarkozy avait parfois cédé, en début de quinquennat, à des facilités en termes de comportement personnel, sans pour autant théoriser un individualisme radical. Avec Emmanuel Macron, c'est pratiquement l'inverse.
Mais dans ces expressions d'Emmanuel Macron, il y a aussi du Jacques Attali, celui qui l'avait remarqué lorsqu'il dirigeait la commission éponyme. L'ancien proche de François Mitterrand, mais aussi de Nicolas Sarkozy, avait il y a quelques années essayé de théoriser l'existence des «résignés-réclamants». En 2014, dans son livre «Devenir soi», il estimait que ces résignés-réclamants étaient malheureusement majoritaires dans nos sociétés, gens inaptes à prendre en mains leur existence et en réclamation permanente de protections supplémentaires. C'est une vision du monde, elle a sa cohérence, mais elle contient des conséquences importantes en termes d'action politique.
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Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'Institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008. Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. 

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Le Figaro.fr

 «Bordel», «fainéants», «illettrées» : le décryptage de Jérôme Sainte-Marie

«Bordel», «fainéants», «illettrées» : le décryptage de Jérôme Sainte-Marie

FIGAROVOX/ENTRETIEN - «Illettrées», « ceux qui ne sont rien », «fainéants» : Jérôme Sainte-Marie décrypte le langage macroniste. Il y voitl'imprégnation du discours managériale chez le président de la République, symptomatique de la formation qu'il a reçue.

Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'Institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008. Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il a publié Le nouvel ordre démocratique (éd. du Moment, 2015).

Lors d'un déplacement en en Corrèze, Macron a accusé plusieurs manifestants de GM&S de «foutre le bordel» au lieu de chercher des «postes». Est-ce, selon vous, un écart de langage?
Jérôme Sainte-Marie: Cette phrase s'inscrit dans une suite de saillies qui peuvent dessiner (et même malgré lui) une vision du monde du chef de l'Etat. A chaque fois, on entend la parole de quelqu'un qui considère que la responsabilité d'une situation socialement difficile incombe d'abord à celui qui la subit. Si l'on ne peut s'acheter un costard, c'est que l'on ne travaille pas assez pour cela, si l'on est au chômage, c'est que l'on ne fait pas suffisamment d'efforts pour chercher un travail, etc. Les problèmes sociaux sont ainsi ramenés à une causalité individuelle. Ses partisans y verront une pensée profondément libérale. Les autres dénonceront l'indigence de ces réflexions. Il y près de quarante ans, Raymond Barre avait étonné en suggérant aux chômeurs de créer leur entreprise. A l'inverse d'Emmanuel Macron, il ne me semble pas qu'il ait ensuite, beaucoup renouvelé l'usage de ce genre de formules.
S'agit-il d'une stratégie de la transgression?
Il y a deux hypothèses explicatives, qui ne sont pas d'ailleurs exclusives l'une de l'autre. Dans le premier cas, il s'agirait simplement de l'imprégnation du discours managériale chez Emmanuel Macron, symptomatique de la formation qu'il a reçue et des milieux qu'il a ensuite fréquentés. Nous avons là l'univers mental du jeune cadre supérieur qui ne doute pas, et ne doit surtout pas douter, qu'il doit à ses seuls mérites de diriger des salariés moins doués ou moins travailleurs, dans le poste où il est placé. A l'évidence, la transposition de cette pensée managériale dans un discours présidentiel constitue une transgression par rapport à la politesse démocratique, qui postule que chaque citoyen se vaut est égal en droits et en dignité. Voici pour la première hypothèse, mais il en est une autre. On peut imaginer une attitude délibérée de la part du chef de l'Etat, pour exacerber la tension avec les syndicats les plus revendicatifs et les opposants les plus résolus. L'idée serait, par la brutalité de son discours, de polariser davantage la société, afin de regrouper autour de lui, par réaction aux attaques qu'il suscite, tout ce que j'appelle le «bloc élitaire», c'est à dire l'élite sociale elle-même, ceux plus nombreux qui espèrent en faire partie, et la masse plus importante encore de ceux qui lui font confiance pour défendre leurs propres intérêts.
Dans ces expressions d'Emmanuel Macron, il y a aussi du Jacques Attali, celui qui l'avait remarqué lorsqu'il dirigeait la commission éponyme.
Cela peut-il avoir des conséquences sur sa popularité à court et à long terme?
A court terme, on a vu qu'Emmanuel Macron pouvait profiter des tensions sociales. En septembre, dans un sondage de l'IFOP, la popularité présidentielle a rebondi de cinq points, en raison d'une soudaine remontée parmi les sympathisants de droite et du centre, ainsi que, si l'on considère la même réalité d'un point de vue sociologique, d'une plus grande bienveillance des retraités et des personnes relativement aisées. Ces gains immédiats s'accompagnent cependant d'un durcissement des opinions hostiles à l'égard d'Emmanuel Macron dans ce que l'on appellera sans idée péjorative «la France d'en bas». Il convient d'insister sur le point que le chef de l'Etat, par ses formules à l'emporte-pièce, ne s'est pas livré à une critique ciblée de l'assistanat, ce qui lui aurait valu l'écoute et la reconnaissance de bien des personnes de condition modeste. Ses propos généraux ont une portée qui n'est pas circonscrite à des individus ou un groupe social bien définis. C'est maladroit, pour le moins.
Y-a-t-il du Sarkozy dans Macron?
Nicolas Sarkozy avait parfois cédé, en début de quinquennat, à des facilités en termes de comportement personnel, sans pour autant théoriser un individualisme radical. Avec Emmanuel Macron, c'est pratiquement l'inverse.
Mais dans ces expressions d'Emmanuel Macron, il y a aussi du Jacques Attali, celui qui l'avait remarqué lorsqu'il dirigeait la commission éponyme. L'ancien proche de François Mitterrand, mais aussi de Nicolas Sarkozy, avait il y a quelques années essayé de théoriser l'existence des «résignés-réclamants». En 2014, dans son livre «Devenir soi», il estimait que ces résignés-réclamants étaient malheureusement majoritaires dans nos sociétés, gens inaptes à prendre en mains leur existence et en réclamation permanente de protections supplémentaires. C'est une vision du monde, elle a sa cohérence, mais elle contient des conséquences importantes en termes d'action politique.

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140 commentaires
  • AvatarAbonné
BFR
Nous savons grâce au Spiegel que "la jalousie française " est un obstacle sur la voie du paradis macronien!
Le 14/10/2017 à 14:19
  • Avatar
Tout cela marque avant tout un mépris que l'on trouvait également chez d'autres énarques qui n'étaient pas passé par le bizutage de l'élection. Macron a été élu par accident, face à un Fillon autodétruit et une Marine en plein naufrage, il apprendra beaucoup de son renvoi à ses chers études.
Le 12/10/2017 à 14:26
  • AvatarAbonné
La grossièreté langagière du Petit Prince me choque parce qu'il est notre Président . Par ailleurs sa dureté envers les illettrées , envers "ceux qui ne sont rien", envers les "kouassa kouassa" etc etc , c'est un autre aspect de son intéressante personnalité ...Etant jeune il a transgressé ( pas tout seul) un tabou important , le résultat est là , il se croit tout permis .
Le 10/10/2017 à 14:57
  • Avatar
Sarkozy était petit en taille, mais lui il est petit tout court.
Le 10/10/2017 à 13:23
  • AvatarAbonné
Petit glossaire antinomique d’un concept attalien (J Sainte-Marie / 6 oct 17) :
- Les « intégrés-voyageants »
- Les « allumés-professants »
- Les « diplômés-possédants »
- Les « protégés-dominants »
- Les « avancés-indécents »
- Les « éclairés-ignorants »
- Les « installés-hilarants »
- Les « réclamés-fatigants »
- Les « détachés-palpitants »
- Les « inspirés-globe-trottants »
Cette liste demande à être enrichie ; certains intéressés méritent une sous-catégorie plus personnalisée.
On s’interrogera sur la qualité grammaticale du participe employé substantivement.
On pourra aussi discuter de savoir si les « résignés-réclamants » chers à M Attali ne forment pas une minorité parmi les "résignés-simplex", ceux qui essayent de vivre dignement sans rien demander et qui n'attendent plus grand chose de l'élite-hélicoptère.
Le 09/10/2017 à 14:59
  • Avatar
franchement,sarkozyste et plutot attachée à la non hypocrisie de langage,aimant justement que le president manifeste un peu d'agacement avec des mots qu'on emploie souvent,je me fiche du bordel!par contre,la CSG n’emmerde ! c'est clair? en termes bruts mais sincères ces choses là sont dites !
Le 09/10/2017 à 09:31
  • Avatar
C'est quand même un peu bordelass sur les bords.
Le 08/10/2017 à 23:07
  • AvatarAbonné
On ira jusqu'à prêter toutes les bonnes intentions possibles à ce jeune président : il veut, dit-il ou fait-il dire, réparer la France, la redresser ; le problème est qu'il ne s'agit pas d'une simple operation de mécanique, ni de mettre les français en maison de
redressement; le ressort essentiel de l'action présidentielle ,celui qui permettra ou non le succès d'une telle aventure, est l'adhésion, de la population, qu'elle soit explicite ou implicite ; et là, Macron ne fait rien pour rassembler, bien au contraire.
La question est donc , vouloir rassembler à tout prix est-ce une condition indispensable au progrès du pays , ou au contraire un frein qu'il faut desserrer? Si Macron tente les deux à la fois, il perdra en lisibilité et en efficacité ; comme ses prédécesseurs.
Le 08/10/2017 à 10:33
  • AvatarAbonné
On lit souvent ici des critiques virulentes du capitalisme, devenu un gros mot. C est vrai que le communisme a montré les merveilleux résultats qu' il pouvait produire. Le dernier bastion étant la Corée du Nord dont on sait combien la vie y est merveilleuse. C est un pays où les gens se partagent effectivement le bien commun, le bien commun étant la misère pour tous. Les dirigeants politiques(non élus par le peuple) ont quant à eux amassé des fortunes pendant que leur peuple crève de faim. Préfèrons au mot capitalisme le mot d économie libérale. Celle dans laquelle nous vivons n est pas parfaite mais elle protège beaucoup d entre nous. Elle donne sa chance à ceux qui veulent s en donner la peine. Elle donne la parole à tous. Macaron a raison de parler de bordel et de fainéants. Ce sont des mots qui reflètent -pas toute- mais une certaine partie de la vérité. Le travail étant devenu un gros mot, beaucoup rêvent de gagner beaucoup d argent sans trop travailler. Avoir un maximum en faisant le minimum, voilà l objectif de pas mal de gens. Le travail, le mérite sont des notions dépassées. On veut du fun mais aussi de l argent. Je suis atterrée de voir la façon dont beaucoup de gens imaginent leur vie de travail: pas trop d heures mais un bon salaire. Résultat de décennies passées à dénigrer l effort et le travail. Du loisir, On veut du loisir, du temps libre. Mais bien vivre en meme temps. Mais ça, ça n existe pas.
Le 08/10/2017 à 09:58
  • Avatar
a lire tous les commentaires on croirait vraiment que le président n'a rien fait que c'est un fainéant mais la place de président est réservé avec tous les fainéants qui sont en France vous auriez tous être président et faire de grande chose
Le 08/10/2017 à 09:41
  • Avatar
Girocami et Pierre , vous avez trop raison .
Disons même que nos "monarques " de gauche et "trop diplômés " sont allés au plus simple et n'ont ni innové ni apporté la moindre idée .
Pourquoi faire compliqué.....?
Le 08/10/2017 à 09:33
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Des vérités tout simplement !
Le 08/10/2017 à 08:59
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Cela fait 40 ans que la France est dirigée par des incapables et cela continue de plus belle. Nous voyons aujourd’hui, les résultats de la destruction systématique de notre pays par la gauche et l’extrême gauche. La France est devenu un désert industriel, le petit commerce est en voie de disparition, tout comme l’agriculture, la restauration est malade car le nouveau logiciel de contrôle imposé par le fisc terminera de ruiner cette profession. La seule chose que nos politiciens de pacotille ont réussi à faire à merveille, c’est d’embaucher des millions de fonctionnaires en trop afin d’embellir les statistiques du chômage et de créer des emplois d’avenir fictifs pour la même raison. Cerise sur le gâteau, la France se retrouve endetté comme aucun autre pays européen et nous dépendons totalement des monarchies du Golf Persique qui financent nos fins de mois difficiles. Voila la stricte vérité, mais chut, il ne faut rien dire.
Le 08/10/2017 à 08:58
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Le décryptage est simple, les français ont élu un géant de la politique, un homme extraordinaire qui va faire de vraies merveilles dans notre pays, alors réjouissez-vous notre sauveur est arrivé.
Le 08/10/2017 à 08:38
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Jacques Attali est quand même polytechnicien , un vrai bosseur donc, en tout cas quand il a fait ces études plutôt brillantes et difficiles .
Est ce le cas de Macron qui avec deux parents médecins spécialistes , n'a pas crevé des plafonds en matière d'études mais semble s'être laissé porté par son milieu plutôt privilégié?
Pour ma part , je ne le pense pas
Le 08/10/2017 à 08:29
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Un président par défaut qui doit son élection à " l"affaire Fillon" et à la piètre prestation de Marine le Pen .
Un président de plus, après Hollande , pour qui le costume est trop grand .
Un président qui n'a pas compris que son role est de rassembler les Français et pas de les diviser en méprisant une catégorie de la population .
Nous n'avons pas besoin d'un président qui se fait de la " com" en montant à bord d'un SNLE en se se faisant hélitreuillé , ou qui parade à bord d'un command-car , et qui sabre le budget de la défense .
Il demande aux ouvrier de GM&S de prendre un boulot à deux heures de route de leur domicile , la Creuse un désert industriel où la vente de leur maison se fera peut être dans 10 ans et à quel prix ?
Une vue simpliste , mais on connait la géographie de notre président ,qui a fait de la Guyane une ile , et sa vision de l'histoire de France , lui pour qui , la colonisation était un crime contre l'humanité .......
Le 08/10/2017 à 07:13
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aucune importance du discours et des mots L URGENCE est de réduire le chômage de continuer rapidement les reformes que les français attendent unifications des retraites ,diminution drastique des fonctionnaires ,du nombre des élus ministres ,sénateurs et locaux ainsi que de leurs salaires et avantages sans oublier les dépenses du couple MACRON alors les mots ,les opérations COM on sans FOU
Le 08/10/2017 à 06:16
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Clairement je n'ai pas lu l'ensemble de l'article, les petites phrases d'un type qui n'a jamais travaillé de sa vie ne m'intéressent guère. Par contre ce que j'aimerais que les français comprennent, c'est qu'on "quand je dis on, ce sont les populations européennes dans leur ensemble, voire la population du globe", on se rende compte de l'enfer où ces classes dirigeantes, achetées pour la plupart nous mèneront si on ne réagit pas très rapidement (par une révolution dans un pays majeur du capitalisme). Je vais passer pour un extrémiste sans doute, mais il faut que vous sachiez que le capital, dans toute l'Histoire de l'Humanité, n'a jamais été si concentré, que le seul moyen pour les classes qui possédaient autant de capitaux morts, pour s'en débarrasser, n'ont jamais eu d'autre moyen que la guerre. Depuis les années 50, nos guerres, sans qu'elles soient mondiales, ont été la cause de millions de morts. Maintenant, pour sauver le capitalisme il va falloir aller bien plus loin, tellement l'accumulation est énorme. Warren Buffet a dit que 500 millions de chinois en moins serait bénéfique pour le capitalisme.... rien que ça. Et très honnêtement, ce qui pointe vraiment le bout de son nez, c'est vraiment une 3° guerre mondiale. Si vous ne la sentez pas venir, c'est que vraiment vous vous boucher le nez. Tous les indices y sont. Il y a d'autres solutions, auxquelles il devient urgent de penser. Il est plus que temps d'arrêter nos disputes stériles, pensez-y.
Le 08/10/2017 à 05:56
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Que les journalistes ou les "diplômés de Sciences-po" fassent plutôt un boulot sur le fond des idées, plutôt que de passer leur temps à commenter les mots "chocs" de la prétendue actualité du moment...
Le 08/10/2017 à 04:28
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Ce brave spécialiste (un de plus) ferait mieux d'y voir la réaction d'une personne qui mesure et n'ignore rien de la crasse dans la quelle se trouve notre pays actuellement
Le 08/10/2017 à 00:03

lundi 25 septembre 2017

Inquiétude & Certitudes - lundi 25 septembre 2017

dimanche 24 septembre 2017

Inquiétude & Certitudes - dianche 24 septembre 2017

histoire des mouvements sociaux en France - sommaire . ouvrage paru en 2014


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couverture de [REVUE_ID_NUMPUBLIE]

Histoire des mouvements sociaux en France

De 1814 à nos jours

Sous la direction de Michel Pigenet

Raccourcis


Présentation

Cet ouvrage vient combler une lacune et relever un défi. Après que l'évanouissement des horizons d'attente a disqualifié les grands récits qui, jadis, prétendaient donner un sens aux mobilisations collectives, il semble désormais possible et nécessaire d'en entreprendre l'histoire hexagonale. Possible, car les travaux existent qui permettent d'en renouveler l'approche comme d'en explorer des aspects inédits. Nécessaire, parce que, de nouveau, la question sociale, mondialisée dans ses causes et ses manifestations, revient en force sur le devant de la scène publique, en quête d'interprétations, de relais, de connexions et de solutions.
L'histoire développée ici s'attache, du XIXe siècle à nos jours, à tous les types de mouvements sociaux - révolutions, rébellions, émeutes, grèves, campagnes électorales, pétitions, etc. - et quels qu'en soient les acteurs - ouvriers, paysans, jeunes, catholiques, minorités sexuelles, etc. Centrée sur la France, elle n'en ignore pas les interactions coloniales et internationales. Attentive à cerner l'articulation du social avec le politique, le culturel, l'idéologique et le religieux, elle entend réintégrer les mobilisations collectives dans une histoire globale dont elles furent et demeurent des moments essentiels.
En partenariat avec Le Mouvement social.

Sommaire

Page 1 à 6

Pages de début

Page 7 à 14

Avant-propos

I. Les cris et la poudre ou la question sociale en quête d'espaces publics (de 1814 aux années 1880)

Page 15 à 33

1. Introduction

Repères et influences

Page 34 à 45

2. Les magistrats et la question sociale

Page 46 à 57

3. Rites protestataires : un nouvel espace public et politique (1820-1848) ?

Page 58 à 68

4. La contestation paysanne, entre communauté et nation. Un temps de transition (1830-1880)

Page 69 à 78

5. Le luddisme, refus de la mécanisation

Page 79 à 89

6. Le chartisme

Page 90 à 100

7. L'Association internationale des travailleurs et les origines du mouvement ouvrier moderne (1865-1871)

Page 101 à 111

8. Figures et inconnus (1848)

Temps forts

Page 113 à 120

9. Les barricades des 5-6 juin 1832

Page 121 à 129

10. « Vivre en travaillant ou mourir en combattant. » Les révoltes des canuts (1831, 1834)

Page 130 à 140

11. La révolution de 1848

Page 141 à 151

12. La Commune de Paris

Émergences

Page 152 à 159

13. Adresses et pétitions

Page 160 à 168

14. Mutation de l'espace du travail et naissance du mouvement ouvrier

Page 169 à 178

15. Des mobilisations électorales... sans mobilisation politique ? (1814-1880)

II. Le social à la rencontre du politique ou la nationalisation des mobilisations (années 1880 - années 1930)

Page 179 à 195

16. Introduction

Repères et influences

Page 196 à 206

17. Après la Commune

Page 207 à 216

18. La mobilisation sociale des artistes (1880-1914)

Page 217 à 228

19. Références et modèle soviétiques

Page 229 à 237

20. Le pilarisme belge : les fruits doux et amers du succès des mouvements sociaux en Belgique

Temps forts

Page 238 à 248

21. Le boulangisme comme mouvement social, ou les ambiguïtés d'un social-populisme

Page 249 à 258

22. La révolte des vignerons du Midi en 1907 : un mouvement social atypique et exemplaire

Page 259 à 269

23. 1914-1920. La nation à l'épreuve du social

Émergences

Page 270 à 282

24. Le 1er Mai

Page 283 à 293

25. Action directe et grève générale

Page 294 à 304

26. Les mouvements xénophobes (années 1880-1930)

Page 305 à 315

27. Enjeux et formes de la mobilisation catholique au xxe siècle : manifestations et meetings (1906-1984)

Page 316 à 323

28. Les anciens combattants

Page 324 à 334

29. L'émergence des mouvements de jeunesse contestataires

III. Institutionnalisation et mobilisations au temps de l'État social (années 1930 - années 1970)

Page 335 à 354

30. Introduction

Repères et influences

Page 355 à 366

31. De la production au patronat

Page 367 à 377

32. Sociologie de l'action collective

Page 378 à 389

33. Tiers monde et gauche radicale

Page 390 à 402

34. Les mouvements sociaux aux États-Unis

Temps forts

Page 403 à 414

35. Les grèves de 1936

Repères et influences

Page 415 à 426

36. La Résistance comme mouvement social

Page 427 à 437

37. La Libération. Les mobilisations sociales à l'heure de la Reconstruction

Page 438 à 445

38. Les grèves d'août 1953

Page 446 à 455

39. Combat d'arrière-garde ou mouvement social précurseur ? Le poujadisme à la croisée des analyses

Page 456 à 463

40. La grève des mineurs de 1963

Page 464 à 474

41. Des paysans contestataires et novateurs (années 1960- début du xxie siècle)

Page 475 à 485

42. Mai-juin 1968 et ses suites

Émergences

Page 486 à 497

43. Le petit commerce

Page 498 à 508

44. L'interprofessionnel en action et en question

Page 509 à 520

45. Le privé est politique. Féminismes des années 1970

Page 521 à 532

46. Les travailleurs immigrés en quête d'autonomie

Page 533 à 542

47. Le monde de l'enseignement public en mouvement(s). 1928-1984

Page 543 à 554

48. Une question éminemment urbaine :  les mouvements sociaux de la ville

Page 555 à 562

49. La jeunesse, un mouvement social ? (1955-1975)

Page 563 à 569

50. « Vivre au pays », les régionalismes en France dans les années 1960-1970

Page 570 à 578

51. Des mouvements sociaux pour (et contre) la justice pénale

IV. Désaffiliations et recompositions (années 1980 à nos jours)

Page 579 à 595

52. Introduction

Repères et influences

Page 596 à 606

53. De la conquête de temps libre au temps pour soi ?

Page 607 à 614

54. L'altermondialisme

Page 615 à 623

55. La politique dans les cités ou les quartiers comme cadre de la mobilisation

Temps forts

Page 624 à 632

56. Le dernier combat des sidérurgistes lorrains

Page 633 à 639

57. Les grèves de 1995

Émergences

Page 640 à 651

58. De quoi la désyndicalisation est-elle le nom ?

Page 652 à 660

59. Nouveaux usages et modalités des grèves

Page 661 à 670

60. Santé des travailleurs : des combats récurrents, une dynamique nouvelle

Page 671 à 680

61. La Marche pour l'égalité et contre le racisme

Page 681 à 687

62. Médias dominants, mouvements sociaux et mobilisations informationnelles

Page 688 à 695

63. Les mouvements de chômeurs

Page 696 à 701

64. Nouvelles figures des luttes sociales : les précaires

Page 702 à 707

65. Le « syndicaliste retraité », nouvelle figure de l'action syndicale

Page 708 à 715

66. Du consommateur éclairé au consommateur responsable

Page 716 à 723

67. Sous les pavés, la Terre. Mobilisations environnementales en France (1960-2011), entre contestations et expertises

Page 724 à 732

68. Les grèves de travailleurs sans papiers (2006-2010)

Page 733 à 743

69. L'émeute urbaine

Page 744 à 750

70. Minorités sexuelles

Page 751 à 758

71. « Sexe, race, classe » ou la déconstruction des identités

Page 759 à 762

Bibliographie générale

Page 763 à 784

Index

Page 785 à 800

Pages de fin

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